L’appréciation de l’art a toujours été — et est toujours — un sujet controversé, quand il s’agit d’adorer à Dieu. L’être humain considère que tout ce qu’il croit beau doit être aussi pour Dieu et, désirant ardemment le servir, il veut lui offrir toute beauté qu’il possède.

Le problème se trouve dans la définition de « beauté ». Les goûts et les couleurs ne se discutant pas, cela affecte notre appréciation de ce qui est beau et acceptable devant Dieu. Le pire est quand, dans notre élan de servir, nous commençons à nous disputer sur ce que « je » crois que Dieu veut.

Quand l’appréciation de ce qui est bon pour Dieu provoque colère, contrariété, division, insultes, humiliations et rejet, nous pouvons être sûrs que ce n’est pas l’œuvre de son Saint-Esprit. À ce sujet, la servante du Seigneur déclare :

« Une présentation somptueuse, des chants magnifiques et certaines musiques instrumentales dans l’église ne sont pas de nature à inspirer le chœur des anges. Aux yeux de Dieu, ces choses sont comme les branches du figuier stérile, qui ne pouvait se vanter de rien d’autre que d’avoir des feuilles. Le Christ regarde aux fruits, aux principes de bonté, de sympathie et d’amour. Ce sont les principes du ciel, et quand ils se manifestent dans la vie des humains, nous pouvons être certains que le Christ, l’espérance de la gloire, se fonde en eux. Une communauté a beau être la plus pauvre du pays, dépourvue de musique et sans rien qui soit de nature à la faire remarquer, si elle possède ces principes, ses membres peuvent chanter, car la joie du Christ est dans leur âme, et cela peut être une offrande agréable à Dieu. » — Évangéliser, section15, « Conseilsàretenir », p.459.

En lisant bien ce passage, Madame White nous enseigne que les questions de « tenues », de « chants », ou d’« instruments » ne sont pas le plus important pour Dieu. Ce qui l’intéresse le plus sont les fruits comme la bonté, la sympathie et l’amour. Celui qui insiste de façon exagérée sur ces questions montre un esprit de dureté, de critique, de censure et un manque d’amour, de compréhension et de tolérance qui ne reflètent pas l’Esprit du Christ. Quand un sain du Seigneur se présente pour une interprétation artistique de son choix, animé d’une bonne volonté et d’un désir de louer, mais sans connaissance ni talent qui n’atteigne le niveau attendu, certains se mettent à rire et à se moquer de lui. Cela attriste le cœur du Seigneur.

Par ailleurs, quand tout le monde fait retentir des « amen » et applaudit l’étalage des dons de celui qui est « presque » professionnel, mais qui n’a aucune attitude d’adoration, cela n’est pas non plus agréable aux oreilles du Seigneur.

Cela ne signifie pas qu’il ne faille pas chercher le meilleur pour le service offert au Seigneur. Cependant on doit reconnaître que, pour lui, « seul le meilleur est suffisamment bon ».

Selon la Bible et l’Esprit de prophétie, ce qui est important est qu’en dépit de notre conception de l’art, il doit être l’expression de notre relation avec Dieu. Ce que le Seigneur évalue avant toute chose n’est pas ce que nous pouvons offrir de plus ou moins beau, mais un cœur contrit et humilié.

En répondant à la question de savoir si Dieu accepte l’art ou s’il est l’artiste, nous définissons le mot « artiste » comme « celui qui peut faire quelque chose de mieux que toute autre personne dans son genre ». Plus il s’approche de la perfection, meilleur artiste il est.

Dieu ne cesse de transformer des vies. Il prend la laideur du péché et la transforme en beauté qu’il accorde à un être sauvé, par le moyen de sa grâce. Tout ce qui est grossier, rugueux, critique et accusateur chez une personne est changé pour qu’elle devienne affectueuse, gentille, humble et aimable. Ce reflet de la grâce est la meilleure expression d’une transformation opérée par Dieu.

« Il [le Christ] aspire à cueillir sur sa vigne des fruits de sainteté et de désintéressement, des œuvres de bonté, de miséricorde et de vérité. » — Idem.

Le grand débat qui, souvent, provoque colères, insultes, séparations et accusations se base plus sur ce qui est acceptable ou non devant le Seigneur. Quel est l’art qui pousse à l’adoration et qui monte, tel un encens, au trône de Dieu ?

Opinions et goûts personnels voulant se justifier avec des passages de l’Esprit de Prophétie parfois utilisés en dehors de leur contexte, n’aident pas à clarifier les choses. Pour dissiper les doutes, la servante du Seigneur déclare :

« La musique n’est agréée de Dieu que lorsque le cœur est sanctifié, attendri et saint par ses bonnes dispositions. Nombreux sont ceux qui sont passionnés de musique, mais qui sont incapables de chanter à Dieu dans leurs cœurs. Ils “portent leurs idoles dans leurs cœurs” (Ézéchiel 14.3). » — Ibid., p. 460.

Ellen White ne définit pas la classe de musique, ni sa qualité. Elle ne soumet pas non plus la question de la musique à la culture, ni aux goûts, mais elle affirme la vérité selon laquelle la solution se trouve dans la sanctification du cœur. Et, dans les histoires de cœur entre l’homme et Dieu, qui sommes-nous pour en juger ?


Par Israel Leito, ancien président de la Division Interamericaine.